ANNIVERSAIRE

1998-2018 : 20 ANS


1998 : dans un internet encore un peu brouillon, La Grande Guerre en dessins s'installe dans le paysage comme tant d'autres sites de particuliers. Le principal est déjà là : une sélection de dessins reproduits à partir d'ouvrages anciens et choisis pour leur intérêt artistique et documentaire. L'idée est d'accompagner chaque œuvre d'un texte d'écrivain ou de témoin. Un mariage naturel entre les mots et l'image. Un hommage.
2002, 2008, 2014 : le site évolue. La qualité de numérisation est revue à la hausse, recherche et navigation sont facilitées et les socles techniques épousent les évolutions d'internet : il faut bien suivre le mouvement !

DES ILLUSTRATIONS

JEAN LEFORT ILLUSTRE GASPARD DE RENÉ BENJAMIN

[NOUVELLE RUBRIQUE] - RÉCITS, ROMANS, SOUVENIRS, POÈMES —
 
Certains artistes, dont de nombreux combattants, ont collaboré avec des éditeurs et des auteurs à des éditions, parfois exceptionnelles, d'ouvrages en fournissant illustrations et motifs dessinés. On peut citer le travail de Mathurin Méheut ou de Dunoyer de Segonzac pour Dorgelès mais aussi Pierre Falké pour Galtier-Boissiere ou encore Luc-Albert Moreau pour Montherlant. De nombreuses techniques sont utilisées pour créer ces illustrations : tous types de gravures et estampes parfois tirées en nombre restreint d'exemplaires, plume, lavis, aquarelle... Nous vous présentons, pour initier cette nouvelle rubrique, les aquarelles réalisées par Jean Lefort pour le Gaspard de son ami René Benjamin.



LE THÈME DU MOMENT

LES BRANCARDIERS


Le brancardier est sans arme sur le champ de bataille. Juste un brassard pour être identifié. Et le brancard pour la rude tâche.
A l'écoute, progressant prudemment, il se fait sauveur de vie, convoyeur de corps déchirés ou compagnon recevant les dernières paroles.
Il est compatissant pour ce soldat qui appelle depuis des heures sa mère et pour cet autre beuglant son nom au côté de son copain déchiqueté.
Brancardier, on sait ce que pèse un homme ...et ce que pèse aussi l'espoir d'arriver vivant au poste de secours. On sait, aussi, qu'un soldat tué, français ou allemand, a droit à une sépulture digne de son courage et que son nom y soit inscrit. Le brancardier et le combattant, sont ainsi bien trop souvent fossoyeurs.

CHARLES DELVERT

Levêque, haletant, vient s'appuyer quelques instants au mur de mon P.C. (...) ."Mon Capitaine, je n'en puis plus. Nous ne restons plus que trois brancardiers; les autres sont tués ou blessés. Voilà trois jours que je n'ai pas mangé, que je n'ai pas bu une goutte d'eau, que je ne suis pas allé à la selle.". On sent que ce corps frêle ne tient que par un miracle d'énergie. Un héros, en voilà un authentique. Il n'a pas la croix de guerre. C'est un brave homme modeste qui fait son devoir sans se soucier des balles et des marmites, qui fait son devoir à en crever.

  • Quatre brancardiers, GEORGES VICTOR-HUGO

  • Les bras cassés, CHARLES MARTIN

  • Les brancardiers (détail), HENRI ANTOINE

  • T'en fais pas... , GEORGES BRUYER

  • Soldat tué, ALBERT COPIEUX

  • Verdun, ANDRÉ DEVAMBEZ

  • Verdun, Passage d'un brancard sur le champ de bataille, GEORGES VICTOR-HUGO

  • Les brancardiers de La Croix-Rouge (détail), MATHURIN MEHEUT

JEAN HUSTACH

Les tranchées sont nivelées. (Suis) allé au secours d'un blessé, dans un trou, il a râlé pendant deux heures, son camarade mort. C'est par miracle que je n'aie pas été enterré par une marmite au moment même où je creusais la fosse. Et pour les blessés, il nous faut traverser le Ravin de la mort. C'est une vie horrible. Ce qui me fait le plus souffrir, c'est la faiblesse qui me gagne . Et il faudrait être un hercule, ici, pour notre triste besogne (...) Cette nuit nous feront encore les fossoyeurs.

JEAN HUSTACHBrancardier à Verdun
JACQUES MEYER

Des blessés bientôt coururent vers le Poste de secours ; sur notre pont de branchages passèrent des brancardiers qui portaient un fardeau, plus lourd de tout le poids de l'agonie, et il s'en élevait un râle horrible, entrecoupé de gémissements tandis que le sang qui perçait la toile du brancard s'égouttait avec un bruit mat contre le fond de la tranchée.

JACQUES MEYERLa Biffe

LE DESSIN DU MOMENT

LES BRANCARDIERS

JEAN-GEORGES CORNÉLIUS, vers 1924
COLL. MUSÉE DÉPARTEMENTAL DE L'OISE


Deux brancardiers sont à la peine pour transporter un grand blessé. La scène montre un instant dramatique où l'homme, dont les yeux sont bandés, se tend sur le brancard, une main au sol, l'autre, poing fermé, levée vers le champ de bataille. L'artiste a choisi de cadrer les protagonistes sans montrer véritablement la zone de combat où l'on croit deviner sur la droite une explosion. La dramatisation passe par ce blessé les bras tendus comme un Christ en croix et par les brancardiers courbant l'échine au fond de la tranchée. Cette position évoque les précautions prises pour se protéger mais aussi l'effort entrepris. La souffrance du blessé est mise en scène par le pansement maculé de sang et son attitude qui montre un corps mal installé, noueux et une tête visage en arrière où la bouche très dessinée laisse peut-être passer quelques gémissements.
 

LE POÈME DU MOMENT

LEUR CROIX DE GUERRE (extrait)

Au capitaine de Beaumesnil, du 74e d'infanterie, tué en 1916.

Cahoté, lentement, mon brancard a suivi
Le boyau sinueux. Je suis content, je vis !
Je suis touché. Ma chair se tord sous la morsure
D'aciers impurs. - "Au sol !" La douleur est trop dure.
Alors les brancardiers me posent tout au fond,
Très délicatement, et, paternels, me font :
"T'en fais pas ! T'es rendu !"

                                                  Puis, la tête penchée
À ras du parapet, je vois notre tranchée,
Au lourd balancement des pas, le pays vert
Au jour qui naît, l'enfer où nous avons souffert,
Labyrinthe aux traits blancs où leur canon qui rage
Fouille d'un doigt de feu les ocres des nuages.






Voilà le jour et le soleil ! ... voici mon sang
Qui goutte de ma tempe, et je vis ! ... et je sens
Un besoin de pleurer, d'embrasser et de rire !
J'ai le pied traversé, ma hanche me déchire,
Et mon ventre, et mon front... je vis, je suis content !
Voici le jour, voici le soleil éclatant ! ...

Mais quel est donc ce vieux ? Il parle, sa voix tremble
Je sais ! Je suis content !... C'est un des miens; il semble
Que mes frères défunts, tous ceux de Charleroi,
Sont venus pour l'adieu sourire autour de moi.

 






PAUL VERLET (1890-1922)
Leur Croix de Guerre, extrait du recueil De la Boue sous le Ciel, esquisses d'un blessé (1914-1919), éd. Plon-Nourrit, 1919

Paul Verlet connut le secteur difficile de Neuville-Saint-Vaast où il fût blessé une première fois en juin 1915. De retour au front, il est, à nouveau grièvement blessé près d'Auberive en Champagne puis plus tard définitivement évacué après une exposition aux gaz. Il ne se remit jamais de ses blessures et mourut en octobre 1922. Sa poésie, écrite sur le front et dans les ambulances et hôpitaux où il passa tant d'heures, est un chant déchirant de vérité sur ses heures vécues au combat et un hommage compassionnel à ses camarades tués

Portrait de Paul Verlet en provenance du blog Le 74ème régiment d'infanterie durant la Grande Guerre


DESSINS DE GUERRE

JEAN-ALPHONSE STIVAL

— ARTICLE DU BLOG

C'est en tant que brancardier au 1er régiment du génie que Jean-Alphonse Stival réalise la plupart de ses dessins de guerre. On y observe malades, blessés et camarades dans des scènes d'attente ou d'occupations quotidiennes à l’hôpital et en cantonnement. Ces dessins qui remplissent de nombreux carnets ont été précieusement conservés par la famille du peintre et n'ont jamais fait l'objet de publication. Sous l'impulsion du fils de l'artiste et à l'occasion du centenaire de la Grande Guerre, la municipalité d'Hyères a exposé en 2016 une sélection de ces croquis donnant ainsi l'occasion de découvrir une œuvre rare.
Engagé volontaire dès le début de la guerre, en août 1914, Stival est appelé à rejoindre en 1917, comme de nombreux autres artistes, les sections de camouflage...



Le jus - Sem



PORTFOLIO

TOUS LES DESSINS

LA COLLECTION —


Les œuvres rassemblées sur ce site sont des dessins réalisés par des artistes contemporains de la Grande Guerre qui furent pour certains également combattants.
Ces dessins sont accompagnés de textes de journaux de tranchées, de témoignages écrits d'anciens soldats ou d'extraits d'oeuvres littéraires traitant du conflit.

Le site présente environ 80 dessins.

Ils ont été regroupés en galeries thématiques illustrant la vie des soldats durant la guerre : la tranchée, le répit, le feu, la route, la mort ... continuer à lire l'intro
 


CROQUIS DE GUERRE

ARTHUR-EDMOND GUILLEZ

— ALBUM

Le 18 juillet 1916, Arthur-Edmond Guillez s'éteint à Châlons-sur-Marne vaincu par une infection pulmonaire. Dès 1915, année de sa création, il rejoint l'équipe des Camoufleurs dont, il faut le rappeler, le travail d'observation et d'installation sur le terrain pouvait être parfois dangereux. C'est suite à une blessure reçue par éclat d'obus lors d'une mission qu'il tombe malade. On lui attribuera la mention "mort pour la France" pour maladie en service. Il avait connu au préalable les durs combats des Éparges en tant qu'agent de liaison au 132ème R.I et y avait gagné une décoration avec citation pour son courage.
Dès 1917, ses parents font paraître deux albums de croquis constitués à partir des feuillets de ses carnets...



DES RESSOURCES

INVENTAIRE

LE MEILLEUR DU NET —
 
Nous vous proposons un essai d'inventaire des ressources en lignes de dessins, estampes et peintures de la Première Guerre mondiale. Sites institutionnels de bibliothèques physiques, collections en lignes, sites d'archives, sites personnels... le meilleur du net est présenté dans une page dédiée.





Les logos et références aux sites institutionnels visibles ci-dessus sont présentés au titre de simple illustration. En aucun cas, ils ne traduisent une quelconque participation ou caution au contenu de notre page d'inventaire.


ÉTIENNE LEMERCIER

Après cinq jours d'horreur qui nous ont coûté 1 200 victimes, nous avons été retirés de ce lieu d'abomination... Qui dira l'inouï de ce que j'ai pu voir ?... Mon intellect est fortement ébranlé... Je reste stagnant et courbaturé... Je suis un peu comme si je relevais de la fièvre typhoïde... Chère mère, je voudrais de nouveau me tendre vers tout ce qui est beau et noble. Je voudrais sentir toujours en moi l'inspiration qui m'élancerait vers les richesses de la vie. Hélas ! pour le moment, je suis d'une mentalité de plomb... Après une telle révolution, je ne puis que me laisser aller à la volupté de vivre encore un peu...

ÉTIENNE LEMERCIERLettres d'un soldat, 1924
CAPITAINE DELVERT

L'idée de Verdun et de la mort pèse, je le sens, sur toute la colonne et rend les hommes plus irritables... En venant, nous avons croisé deux batteries de 100 de marine. Pas un homme à pied. Tout le monde en auto. Les officiers ont une confortable voiturette à eux. Je demande à un sous-officier s'il y a eu beaucoup de pertes à la batterie. Non très peu. Et son air surpris me laisse entendre que c'est peut-être "pas du tout". Je regardais mes pauvres troupiers. Ils traînaient lamentablement sur la route, ployés en deux sous le poids du sac, ruisselants d'eau, et cela pour aller se faire écrabouiller dans des tranchées boueuses ! non décidément, il n'y aura pas eu de parité, dans cette guerre, entre les souffrances endurées par les différents combattants du front.

MOTS CHOISIS

POETES, TEMOINS, ECRIVAINS...








 

E.-M. HERSCHER

Dans ces visages ternes..., une seule chose frappe, l'éclat du regard. Il est fiévreux, indéfinissable en son rentrant, ne ressort que pour vous scruter au passage, se heurte avec un certain défi à la placidité du vôtre, qui ne connaît que par à-coups ce qui fait la hantise du leur. Il vous poursuit et vous gêne, ou bien vous abandonne avec un mépris un peu las. Qui n'a ressenti quelque chose d'approchant, lors d'une visite dans un hôpital, ou dans l'usine où brûlent et suent les travailleurs des métiers du feu ?

Ils étaient accroupis sur le sol et tenaient leurs gamelles sur leur genoux... Une gourde faisait le tour de la société et chacun buvait à la régalade longuement et goulûment, la tête renversée et les yeux levés... Un gros poilu, dont la bouche s'élargissait en un sourire sans expression, puisait des morceaux de viande dans le fond d'une marmite avec une louche faite d'une boîte de conserve fixée par un fil de fer au bout d'un bâton et criait : Qui veut du rabiot?... Encore du rabiot !... A qui la barbaque ?


BONNES IMPRESSIONS

LECTURES, SOUVENIRS, POÈMES, DESSINS...

NOTES, AVIS, ARTICLES, LIENS —

UN SOLDAT DE L'ARMÉE NOIRE
CHARLES ALEXANDRE PICART LE DOUX
La représentation des troupes coloniales durant la guerre s'avère souvent éloignée du folklore. Les artistes font plutôt preuve d'une empathie sincère pour ces soldats enlevés à leurs terres familières. C'est le cas ici avec cette belle aquarelle de Picart Le Doux issue des collections de La contemporaine.
LA BDIC DEVIENT LA CONTEMPORAINE
ANNIVERSAIRE —
La Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) fête cette année ses 100 ans et change de nom pour devenir La contemporaine (l'appelation BDIC avait été créée en 1934). Constituée à partir d'une collection privée de plus de 22 000 pièces concernant le premier conflit mondial, l'établissement se présente aujourd'hui comme un centre inter-universitaire riche d'une collection unique sur l'histoire contemporaine. Un nouveau bâtiment est annoncé qui permettra, entre autre, de rapatrier la partie du fonds toujours conservée au musée des Invalides et où se développera la vocation muséale de la maison maintenant centenaire.
PRISONNIERS
PAUL BAUDIER
DESSIN, source paulbaudier.fr
Paul Baudier, graveur et illustrateur, est blessé dès les premiers mois de la guerre et passe l'essentiel du conflit dans différents camps de prisonniers. Il y réalise de nombreux dessins dont la plupart sont conservés au musée de l'Armée. Les prisonniers y apparaissent dans leurs activités quotidiennes faites d'obligations et d'instants de détente parfois musicale.
LES OBUS JOUAIENT A PIGEON VOLE
BLESSURE ROMANCÉE —
On peut maintenant lire en poche ce roman qui retrace à rebours de sa blessure, les vingt-quatre heures passées par Apollinaire (surnommé Cointreau-whisky par ses hommes) sur le champ de bataille. Au Bois des Buttes, d'infimes moments de calme, le souvenir de l'amour, le cri des bombes, la mort et, bien sûr, la poésie sont présents. Un récit à l'alchimie curieuse dû à Raphaêl Jerusalmy édité chez Actes Sud/Babel.
PORTRAIT DE POILU, 1915
HENRY CARO-DELVAILLE
Un portrait marmoréen de poilu dû à Caro-Delvaille, peintre à succès de la Belle Époque qui partagea sa carrière entre Paris et New-York.
ABRI DE 1ERE LIGNE
ALPHONSE ROBINE
DESSIN, source Europeana 1914-1918
Alphonse Robine est un soldat, dessinateur amateur, qui à l'issue de la guerre reprend les carnets de croquis qu'il avait dessinés pour les rehausser à l'aquarelle et réaliser des compositions plus abouties. Ces dessins représentent des scènes de la vie quotidienne à hauteur d'homme, en immersion complète comme cet abri dans lequel quelques soldats cherchent le repos. Robine enrichit ses compositions de beaucoup de détails. On peut observer ici, par exemple, nourriture et outils en tout genre.
VADE RETRO
MARC LARREGUY DE CIVRIEUX
POÈME —
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À Marcelle Capy.
"Debout les morts !"
Laissez les donc dormir en paix !
Ces morts, ces morts couchés, que vous ont-ils donc fait
Pour être pourchassés dans leur funèbre asile ?
— Après avoir porté le faix
De tant de maux et de forfaits,
Après s'être damnés pour vos haines civiles,
Avoir sacrifié leur jeunesse et leur sang,
N'ont-ils pas droit que le Passant,
À leur trépas compatissant,
Les laisse enfin pourrir tranquilles ?
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Laissez les donc dormir en paix
Sous la terre glacée et les gazons épais
Dans le bon nirvâna de leur suprême pose !
Afin qu'ils ne sentent jamais
Le ver en eux qui se repaît
Et par qui, lentement, leur chair se décompose !
Afin que jamais plus ils ne rouvrent leurs yeux,
Et qu'ils oublient ce monde odieux
Au néant éternel et miséricordieux
Où leur cadavre repose !
(...)
Septembre 1916.
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Extrait du recueil La Muse de sang, Société mutuelle d'édition, 1920. Préface de Romain Rolland.
Cette préface commence ainsi : "Voici une malédiction contre la guerre. Celui qui la jette, avec son sang, à la face du monstre, est un jeune mort de Verdun. "
Le recueil (avec le poème dans sa version intégrale) est consultable en ligne sur le site de la mairie de Saint-Pont où est enterré le poète, non loin de son cher Lamartine.
Marcelle Capy, à qui est dédiée cette pièce, a fait paraître en avril 1916 "Une voix de femme dans la mélée", manifeste pacifiste qui fût censuré.
Ce poème apparait dans Poèmes de poilus, anthologie de poèmes français, anglais, allemands, italiens, russes dirigée par Guillaume Picon, Points, 2014.
AU CAMP
HENRY BING
ALBUM DE DESSINS, source Gallica {BnF
Prisonnier dès 1914 au camp de Holzminden, Henry Bing y réalise de nombreuses études et aquarelles. Un ensemble de 20 croquis a été édité en 1917 sous la forme d'un album intitulé "Au camp" que l'on peut découvrir en intégralité sur Gallica.



L'Humanité est maudite, si, pour faire preuve de courage, elle est condamnée à tuer éternellement ____Jean JAURES.