LE THÈME DU MOMENT

LES BRANCARDIERS


Le brancardier est sans arme sur le champ de bataille. Juste un brassard pour être identifié. Et le brancard pour la rude tâche.
A l'écoute, progressant prudemment, il se fait sauveur de vie, convoyeur de corps déchirés ou compagnon recevant les dernières paroles.
Il est compatissant pour ce soldat qui appelle depuis des heures sa mère et pour cet autre beuglant son nom au côté de son copain déchiqueté.
Brancardier, on sait ce que pèse un homme ...et ce que pèse aussi l'espoir d'arriver vivant au poste de secours. On sait, aussi, qu'un soldat tué, français ou allemand, a droit à une sépulture digne de son courage et que son nom y soit inscrit. Le brancardier et le combattant, sont ainsi bien trop souvent fossoyeurs.

CHARLES DELVERT

Levêque, haletant, vient s'appuyer quelques instants au mur de mon P.C. (...) ."Mon Capitaine, je n'en puis plus. Nous ne restons plus que trois brancardiers; les autres sont tués ou blessés. Voilà trois jours que je n'ai pas mangé, que je n'ai pas bu une goutte d'eau, que je ne suis pas allé à la selle.". On sent que ce corps frêle ne tient que par un miracle d'énergie. Un héros, en voilà un authentique. Il n'a pas la croix de guerre. C'est un brave homme modeste qui fait son devoir sans se soucier des balles et des marmites, qui fait son devoir à en crever.

  • Quatre brancardiers, GEORGES VICTOR-HUGO

  • Les bras cassés, CHARLES MARTIN

  • Les brancardiers (détail), HENRI ANTOINE

  • T'en fais pas... , GEORGES BRUYER

  • Soldat tué, ALBERT COPIEUX

  • Verdun, ANDRÉ DEVAMBEZ

  • Verdun, Passage d'un brancard sur le champ de bataille, GEORGES VICTOR-HUGO

  • Les brancardiers de La Croix-Rouge (détail), MATHURIN MEHEUT

JEAN HUSTACH

Les tranchées sont nivelées. (Suis) allé au secours d'un blessé, dans un trou, il a râlé pendant deux heures, son camarade mort. C'est par miracle que je n'aie pas été enterré par une marmite au moment même où je creusais la fosse. Et pour les blessés, il nous faut traverser le Ravin de la mort. C'est une vie horrible. Ce qui me fait le plus souffrir, c'est la faiblesse qui me gagne . Et il faudrait être un hercule, ici, pour notre triste besogne (...) Cette nuit nous feront encore les fossoyeurs.

JEAN HUSTACHBrancardier à Verdun
JACQUES MEYER

Des blessés bientôt coururent vers le Poste de secours ; sur notre pont de branchages passèrent des brancardiers qui portaient un fardeau, plus lourd de tout le poids de l'agonie, et il s'en élevait un râle horrible, entrecoupé de gémissements tandis que le sang qui perçait la toile du brancard s'égouttait avec un bruit mat contre le fond de la tranchée.

JACQUES MEYERLa Biffe

LE DESSIN DU MOMENT

LES BRANCARDIERS

JEAN-GEORGES CORNÉLIUS, vers 1924
COLL. MUSÉE DÉPARTEMENTAL DE L'OISE


Deux brancardiers sont à la peine pour transporter un grand blessé. La scène montre un instant dramatique où l'homme, dont les yeux sont bandés, se tend sur le brancard, une main au sol, l'autre, poing fermé, levée vers le champ de bataille. L'artiste a choisi de cadrer sur ses protagonistes sans montrer véritablement la zone de combat où l'on croit deviner sur la droite une explosion. La dramatisation passe par ce blessé les bras tendus comme un Christ en croix et par les brancardiers courbant l'échine au fond de la tranchée. Cette position évoque les précautions prises pour se protéger mais aussi l'effort entrepris. La souffrance du blessé est mise en scène par le pansement maculé de sang et son attitude qui montre un corps mal installé, noueux et une tête visage en arrière où la bouche très dessinée laisse peut-être passer quelques gémissements.
 

LE POÈME DU MOMENT

LEUR CROIX DE GUERRE (extrait)

Au capitaine de Beaumesnil, du 74e d'infanterie, tué en 1916.

Cahoté, lentement, mon brancard a suivi
Le boyau sinueux. Je suis content, je vis !
Je suis touché. Ma chair se tord sous la morsure
D'aciers impurs. - "Au sol !" La douleur est trop dure.
Alors les brancardiers me posent tout au fond,
Très délicatement, et, paternels, me font :
"T'en fais pas ! T'es rendu !"

                                                  Puis, la tête penchée
À ras du parapet, je vois notre tranchée,
Au lourd balancement des pas, le pays vert
Au jour qui naît, l'enfer où nous avons souffert,
Labyrinthe aux traits blancs où leur canon qui rage
Fouille d'un doigt de feu les ocres des nuages.






Voilà le jour et le soleil ! ... voici mon sang
Qui goutte de ma tempe, et je vis ! ... et je sens
Un besoin de pleurer, d'embrasser et de rire !
J'ai le pied traversé, ma hanche me déchire,
Et mon ventre, et mon front... je vis, je suis content !
Voici le jour, voici le soleil éclatant ! ...

Mais quel est donc ce vieux ? Il parle, sa voix tremble
Je sais ! Je suis content !... C'est un des miens; il semble
Que mes frères défunts, tous ceux de Charleroi,
Sont venus pour l'adieu sourire autour de moi.

 






PAUL VERLET (1890-1923)
Leur Croix de Guerre, extrait du recueil De la Boue sous le Ciel, esquisses d'un blessé (1914-1919), éd. Plon-Nourrit, 1919

Paul Verlet connut le secteur difficile de Neuville-Saint-Vaast où il fût blessé une première fois en juin 1915. De retour au front, il est, à nouveau grièvement blessé au début de la bataille de Verdun puis plus tard définitivement évacué après une exposition aux gaz. Il ne se remit jamais de ses blessures et mourut en octobre 1923. Sa poésie, écrite sur le front et dans les ambulances et hôpitaux où il passa tant d'heures, est un chant déchirant de vérité sur ses heures vécues au combat et un hommage compassionnel à ses camarades tués.

Portrait de Paul Verlet en provenance du blog Le 74ème régiment d'infanterie durant la Grande Guerre



Le jus - Sem



PORTFOLIO

TOUS LES DESSINS

LA COLLECTION —


Les œuvres rassemblées sur ce site sont des dessins réalisés par des artistes contemporains de la Grande Guerre qui furent pour certains également combattants.
Ces dessins sont accompagnés de textes de journaux de tranchées, de témoignages écrits d'anciens soldats ou d'extraits d'oeuvres littéraires traitant du conflit.

Le site présente environ 80 dessins.

Ils ont été regroupés en galeries thématiques illustrant la vie des soldats durant la guerre : la tranchée, le répit, le feu, la route, la mort ... continuer à lire l'intro
 


CROQUIS DE GUERRE

ARTHUR-EDMOND GUILLEZ

— ALBUM

Le 18 juillet 1916, Arthur-Edmond Guillez s'éteint à Châlons-sur-Marne vaincu par une infection pulmonaire. Il avait trente et un ans. Sa maladie faisant suite à une blessure sur le champ de bataille, il est déclaré "mort pour la France". Il avait été décoré pour son courage en tant qu'agent de liaison aux Éparges. Après sa participation au sein du 132ème R.I. à cette bataille meurtrière, il avait rejoint la grande équipe des Camoufleurs dont le travail d'observation et d'installation de dispositifs sur le terrain pouvait être dangereux voire parfois fatal.
Dès 1917, ses parents font paraître deux albums de croquis constitués à partir des feuillets de ses carnets...



DES RESSOURCES

INVENTAIRE

LE MEILLEUR DU NET —
 
Nous vous proposons un essai d'inventaire des ressources en lignes de dessins, estampes et peintures de la Première Guerre mondiale. Sites institutionnels de bibliothèques physiques, collections en lignes, sites d'archives, sites personnels... le meilleur du net est présenté dans une page dédiée.





Les logos et références aux sites institutionnels visibles ci-dessus sont présentés au titre de simple illustration. En aucun cas, ils ne traduisent une quelconque participation ou caution au contenu de notre page d'inventaire.


JACQUES MEYER

Mes oreilles se sont faites au bombardement, qui, par un hasard heureux, nous épargne presque toute la journée et ne s'exerce guère qu'en arrière de nous, ce dont je ne me soucie plus. De temps à autre, je glisse un coup d'oeil au dessus du parapet et ne vois toujours devant moi que la masse vert sombre des bois que tiennent les Boches, et la partie inclinée du terrain qui descend vers le ravin où se cache le village de Tahure. C'est bien ça la guerre : du silence, coupé de sonorités brutales; pas trace de vie; les seules formes visibles à l'horizon sont des formes inertes.

JACQUES MEYERLa Biffe, 1928
PAUL LINTIER

L'angoisse m'étrangle. Ce bouillonnement d'animalité et de pensée, qui est ma vie, tout à l'heure va cesser. Sur les perspectives de l'avenir qui toujours sont pleines de soleil, un grand rideau tombe. C'est fini! ... je n'ai que vingt et un ans. Ah! si j'échappe à l'hécatombe, comme je saurai vivre! Je ne pensais pas qu'il y eût une joie à respirer, à ouvrir les yeux sur la lumière, à se laisser pénétrer par elle, à avoir chaud, à avoir froid, à souffrir même. (...). Si je vois la fin de cette guerre, je saurai arrêter toutes les heures, sentir passer toutes les secondes de vie, comme une eau délicieuse et fraîche qu'on sent couler entre ses doigts.

PAUL LINTIERMa pièce

MOTS CHOISIS

POETES, TEMOINS, ECRIVAINS...








 

HENRI DE MONTHERLANT

J'ai lavé ton front, tête vide, défait les cuirs sur tes reins étroits, défait le col sur ton sein aride. Pauvre corps, qu'a-t-on fait de toi! Tu priais que passât ce calice. Je tairai tes yeux tournoyants. Frère du choix plus fort que le sang, Qu'avais-tu fait pour qu'on te punisse ? (...)

HENRI DE MONTHERLANTA un aspirant tué
Soldat Jean PUTOT

Supporter un bombardement que l'on sait devoir être de courte durée est déjà pénible; mais comment est-il possible de tenir sous un bombardement sans fin ? Combien démoralisante aussi cette arrivée des obus de gros calibres. D'abord, une détonation paraissant lointaine, c'est le coup de départ; puis un ronronnement paresseux qui, progressivement, s'anime; l'esprit comme fasciné, vous sentez que cet engin est pour vous, vient sur vous. Le ronron se rapproche toujours; il devient très distinct et progressif; vous retenez votre respiration en vous posant la question : que va-t-il se passer ? le "ronron" se termine; c'est le point de chute, l'éclatement, vous sentez votre cœur qui se décroche...

Soldat Jean PUTOTVERDUN de Jacques PERICARD

BONNES IMPRESSIONS

LECTURES, SOUVENIRS, POÈMES, DESSINS...

NOTES, AVIS, ARTICLES, LIENS —

PRIÈRE IMPIE
JACQUES LAVOINE, tué en Champagne le 17 avril 1917
POÈME —
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Soleil, entends la seule et dernière prière
D'un qui est plein de vie et qui sera demain
Mort peut-être et couché loin de tout cimetière,
Les yeux ouverts encore à ton rayon lointain.
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Que m'importe à moi, pétri de pure argile,
Les dieux indifférents et les vains paradis ;
Que m'importent aussi tous les regrets fragiles,
Les pleurs qu'un jour, qu'un mois, qu'un an auront taris ?
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Soleil générateur des mondes et des hommes,
Seule divinité créatrice de vie,
Toi qui seul, étranger à ce monde où nous sommes,
Nous atteins par delà l'étendue infinie,
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Soleil, qui nais et meurs dans l'éclat vif des fleurs,
Qui crées au cœur la joie et rends précieux l'or,
Soleil, dont la blancheur contient toute couleur,
Soleil, qui rends la vie au miroir des yeux morts,
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O Soleil, puisses tu, pour mes heures dernières,
Splendir superbement comme aux beaux jours d'été !
Soleil, entends la seule et dernière prière
D'un qui, plus que la Vie, adora la Beauté !
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Extrait du recueil Jacques Lavoine, Mort pour la France, 1896-1917, éd. du Nouveau Mercure, 1918.
Jacques Lavoine, poète de 21 ans est tué au Mont Cornillet le matin du 17 avril 1917.
Son recueil, très touchant, mêle poèmes et impressions de guerre. Prière impie apparait rayée sur son carnet.
PORTRAIT(S) DE SOLDAT(S)
GUILLAUME ERNEST PELLUS
DESSIN, source Europeana 1914-1918
Guillaume Pellus a 36 ans en 1914 et est mobilisé au 141ème régiment d'infanterie. Ses carnets de croquis sont parmi les plus captivants qu'on puisse trouver en ligne : portraits de ses camarades, paysages, tranchées, scènes du quotidien et de multiples attitudes de soldats parfois sereins et détendus, parfois tendus et inquiets.
OUVRAGE COLLECTIF, ÉD. SOMOGY

Quand survient la guerre, Xavier Josso n'a pas vingt ans et étudie les arts décoratifs à Paris. Il dessine depuis l'adolescence porté par une famille à la fibre artistique. Il est mobilisé dès septembre et fait ses classes loin du feu meurtrier de ces premiers mois qui coûteront la vie à son frère ainé. Sous le drapeau du 161è régiment d'infanterie, il est envoyé en Argonne comme simple soldat mais avec dans son barda de quoi continuer à pratiquer son art du dessin.

Josso connait ses premiers combats au Bois de la Gruerie dès janvier, là même où Mathurin Méheut dessinera aussi ses camarades quelques mois plus tard. Durant cinq années où il va connaître les durs combats, les blessures, les convalescences, le repos et la camaraderie des tranchées, Xavier Josso dessine. Ce sont ainsi près de trois cents œuvres qu'il réalise au crayon, à l'encre, au fusain rehaussant certains dessins au lavis ou à l'aquarelle.

Son inspiration va vers ses camarades : silhouettes de soldats occupés à des tâches quotidiennes ou portraits de "copains" parfois crayonnés sur un carnet au papier ordinaire. Il dessine aussi souvent les villages qu'il traverse ou les vues qui s'offrent à lui durant les jours de repos...

UN DESSINATEUR ET UN COMTE DANS LA GRANDE GUERRE
OUVRAGE —
Henri Rouillon, dessinateur, a 36 ans en 1914. Le comte Henry de Maillard, né au Château de la Combe en Dordogne a, lui, 40 ans et vit de ses rentes. Tous deux sont mobilisés au 94ème Régiment d'Infanterie Territoriale et tiennent un journal de guerre. Celui d'Henri est agrémenté de dessins au graphisme élégant et sûr. Leurs journaux croisés témoignent d'une expérience commune confrontée à des origines sociales différentes.
TOUT N'EST PEUT-ÊTRE PAS PERDU
RENÉ ARCOS
POÈME —
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Tout n’est peut-être pas perdu
Puisqu’il nous reste au fond de l’être
Plus de richesses et de gloire
Qu’aucun vainqueur n’en peut atteindre;
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Plus de tendresse au fond du coeur
Que tous les canons ne peuvent de haine
Et plus d’allégresse pour l’ascension
Que le plus haut pic n’en pourra lasser.
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Peut-être que rien n’est perdu
Puisqu’il nous reste ce regard
Qui contemple au-delà du siècle
L’image d’un autre univers.
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Rien n’est perdu puisqu’il suffit
Qu’un seul de nous dans la tourmente
Reste pareil à ce qu’il fut
Pour sauver tout l’espoir du monde.
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Extrait du recueil Le Sang des autres, éd. du Sablier, Genève,1919.
Huit illustrations du graveur Frans Masereel accompagnent les vers de l'auteur.
Ce poème apparait dans Les poètes contre la guerre. Anthologie de la poésie française 1914-1919 aux mêmes éditions du Sablier, 1920 et dans le tout récent Poèmes de poilus, anthologie de poèmes français, anglais, allemands, italiens, russes dirigée par Guillaume Picon, Points, 2014.
MATHILDE BENOISTEL ET LAËTITIA DESSERRIÈRES, ÉD. OUEST FRANCE

Cet album paru en 2015 rassemble des œuvres de peintres et illustrateurs de la Première Guerre mondiale. Cette sélection est composée à partir des collections du musée de l'Armée et d'un fonds de dessins du peintre combattant Xavier Josso conservé au musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux.

La préface de François Lagrange, d'un lyrisme bienvenu, éclaire le découpage du livre en quatre parties ("Entrer en guerre", "Le monde des tranchées", "Les hommes dans la guerre" et "Finir la guerre") et explique les raisons pour lesquelles les textes choisis sont, pour la plupart, dus à des écrivains célèbres, ayant eux-mêmes connu la guerre...

SOLDATS TRANSPORTANT DES OBUS
ERNEST LOUIS LESSIEUX
GALERIE DE DESSINS, source BDIC base Argonnaute
Ces études qui montrent des scènes rares de portage d'obus sont dues à Ernest Louis Lessieux dont on peux admirer de nombreux dessins dans la base Argonnaute de la BDIC.
SOLDAT DANS L'ÉGLISE DE VERMELLES, JUIN 1916
PAUL SARRUT
DESSIN, source Europeana 1914-1918
Paul Sarrut a été un observateur attentif des troupes britanniques et indiennes installées dans le nord de la France. Il représente ici un soldat qui semble prier et chercher le réconfort dans un lieu pourtant désolé : l'église détruite de Vermelles dans le Pas-de-Calais. Ce village appartenait à un secteur très exposé où de violents combats eurent lieu.
QUE RESTE-T-IL DE LA GRANDE GUERRE ?
CENTRE MONDIAL DE LA PAIX
EXPO —
Le Centre Mondial de la Paix de Verdun propose cette exposition qui s'interroge sur l'héritage de la guerre : muséographie très moderne, objets et œuvres issus de la Collection Diors, écrin superbe qu'est le Palais épiscopal aux murs patinés... une belle réussite. Comme cette exposition, où l'image joue une rôle très important, est ouverte jusqu'à fin 2018, l'accrochage est amené à varier fréquemment.
TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS BLESSÉS
CHARLES HOFFBAUER
DESSIN, La collection
LUCIEN JONAS
FUSAINS
1915-1917 (Vol. 1)
1917-1918 (Vol. 2)
OUVRAGES —
Ecrivain passionné, Jean-Paul Fontanon est un grand amateur du travail de Lucien Jonas et plus particulièrement des fusains que celui-ci a réalisé durant le conflit. Ces dessins sont loin de l'imagerie patriotique qui a fait connaître l'artiste dans les illustrés à grand tirage. L'essentiel de cette œuvre est constitué de portraits de figures officielles mais surtout de poilus et de soldats de nationalités diverses. Jean-Paul Fontanon a rassemblé dans ces deux volumes une grande partie de sa collection qui nous montre ces visages authentiques sortis de l'oubli cent ans après.
VERDUN
ANDRÉ DEVAMBEZ
DESSIN, Verdun en dessins
Sans fioriture, Devambez, réalise ce "Verdun" en mettant en scène des brancardiers transportant un blessé ou un mort (ce qu'évoquerait plutôt le bras ballant). La composition présente un ciel, sans doute, crépusculaire...
L'ILLUSTRATION, LA GRANDE GUERRE TELLE QUE LES FRANÇAIS L'ONT VECUE
OUVRAGE —
Voilà une bonne idée que d'éditer ce grand album reproduisant les articles et les illustrations parues dans le fameux hebdomadaire de la rue Saint-Georges à Paris durant les quatre années du conflit. La mise en page est plus moderne que l'original et intègre, par exemple, des mises en couleurs (souvent assez discrètes) de certaines illustrations mais le contenu respecte scrupuleusement l'original avec parcimonieusement quelques précisions actuelles sur certaines pages. Une occasion rare et agréable de lire ce qui s'écrivait durant la guerre.



L'Humanité est maudite, si, pour faire preuve de courage, elle est condamnée à tuer éternellement ____Jean JAURES.